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Dispositifs tactiques

Dispositifs tactiques en football

 

Le gain ou la perte d'un match de football ne dépend pas seulement de l'habileté des joueurs à manier le ballon. Le football étant un sport d'équipe, les questions d'intelligence collective sont primordiales. L'issue d'un match est aussi et surtout liée à l'aspect tactique du jeu. Le positionnement des joueurs sur le terrain, les phases de jeu répétées à l'entraînement, et, d'une manière générale, la capacité des onze joueurs à pratiquer un football homogène et cohérent entre pour une très grande part dans les résultats de l'équipe. C'est peut-être parce que le football ne requiert pas seulement de l'habileté, de la force ou de la résistance, mais aussi une compréhension subtile des options stratégiques favorables à l'équipe, parfois appelée « intelligence de jeu » ou « lucidité », qu'il est devenu l'un des sports les plus populaires à travers la planète.

Le dispositif tactique recouvre le placement des joueurs les uns par rapport aux autres et la synchronisation de leurs actions, qui sont orchestrés à partir du banc de touche par l'entraîneur ou le sélectionneur.

 

Positionnement des joueurs

Très rapidement, dès le début du jeu, il s'est avéré que la tactique consistant pour tous les joueurs à se diriger vers le ballon était une stratégie perdante : puisqu'un seul joueur peut avoir la maîtrise de la balle, les autres ne servent à rien ou même le gênent. Les partenaires du porteur de balle doivent se répartir sur le terrain de manière à lui offrir le maximum de possibilités de passes, tout en restant aptes à défendre leur camp en cas de perte de balle.

Certains joueurs, de par leurs qualités physiques ou intellectuelles, sont plus aptes à aller marquer des buts, ou au contraire montrent une grande efficacité de récupération de balle. Il est donc logique d'affecter les premiers aux tâches offensives, et les seconds aux tâches défensives. Nécessairement, les attaquants vont se placer à proximité du but adverse, et les défenseurs à proximité de leur propre but, de manière à en empêcher l'accès aux attaquants adverses. Cependant, la règle du hors-jeu, en évitant de créer deux groupes de joueurs, chacun devant un but, impose aux uns et aux autres de se déplacer sur le terrain en fonction des actions de jeu. Un joueur ne pouvant pas assurer des allers-retours permanents pendant 90 minutes, la liaison entre les lignes d'attaque et de défense est assurée par les milieux de terrain. Défense, milieu de terrain et attaque sont des concepts constants au cours de l'évolution des dispositifs tactiques, qui sont tous basés sur ce modèle en trois lignes. On appelle tactique l'ensemble des choix de jeu pris par le joueur au cours des trois moments principaux du jeu : la possession du ballon, la possession du ballon par l'adversaire, le changement de possession. La tactique implique l'alternative ; la longueur des séquences de jeu en football amène le joueur à rencontrer une grande variété de situation d'enchaînements offensifs/défensifs.

 

Le mélange des rôles

Actuellement, chaque joueur présent sur le terrain se doit de participer au collectif quelle que soit la phase de jeu (offensive - défensive ; ou de possession ou non de la balle : cas des utilisateurs ou opposants). Ainsi, un avant doit tenter de perturber le jeu adverse quand il n'a pas la balle, par un pressing qui est d'autant plus efficace qu'il est collectif. Inversement, un arrière peut venir apporter le surnombre au cours des phases offensives ou de montée de balle. Les milieux de terrain peuvent s'intégrer aux lignes avant ou arrière en fonction des circonstances, si bien que le dispositif tactique peut radicalement changer au cours de la partie. La capacité d'adaptation du dispositif tactique, selon les circonstances (but marqué ou encaissé, changement de joueur dans l'équipe adverse, expulsion ou blessure, état de la domination ou de l'initiative…) est aujourd'hui souvent déterminante. Par conséquent, la polyvalence d'un joueur est un atout appréciable qu'un bon entraîneur pourra utiliser quand il le jugera nécessaire. Ainsi, de nombreux joueurs professionnels sont capables de jouer à plusieurs postes et sont particulièrement recherchés par les grands clubs.

Les noms d'attaquants ou de défenseurs que l'on peut attribuer temporairement aux joueurs et/ou aux équipes, selon la menace que leurs actions opèrent, ne sont ni fixes, ni statués (attributions, distribution momentanée ou assignation, plutôt que rôle, conviennent mieux pour invoquer ce « mélange »). La polyvalence et l'adaptation priment dans le jeu moderne sur le jeu au poste. Toutefois les conceptions des observateurs (spectateurs, journalistes…) ne sont pas encore en accord avec cette évolution du jeu. En effet, le langage n'est pas toujours adapté à l'idée de description concernant la possession du ballon confondue avec le danger porté ou tenté par l'action tactique, voire avec la zone dans laquelle opère le joueur. Ce chapitre de réflexion mérite que l'on s'y arrête et que l'analyse du jeu se poursuive dans le sens du respect de la plus grande intelligence adaptatrice, celle de la possibilité de création et d'inspiration du joueur à l'intérieur du système de référence que constitue le dispositif. Cela demande un rapport « souple » à la notion de dispositif ou la révision du vocable (en termes de distribution initiale, momentanée, référence spatiale, etc.).

Évolution tactique

« Au début, le football se jouait à 10 devant, aujourd'hui, il se joue à 10 derrière ». On pense généralement que cette phrase fut écrite il y a peu, mais elle date en fait des années 1950. Ainsi, il conviendra ici de tordre le cou à certains clichés.

La première révolution tactique fut de passer du « dribbling » au « passing » entre 1860 et 1880. Avant cette date, le jeu consistait surtout à dribbler en solitaire les adversaires qui se présentaient, tandis qu'ensuite on découvre qu'une passe bien pensée peut mettre en difficulté toute une défense. L'amélioration continue de la qualité des ballons et des terrains va contribuer à ancrer la passe dans la culture du football. Devant cette révolution, le législateur répliqua par la règle du hors-jeu qui empêchait les avants-centres de camper devant le but adverse. Avant les années 1920, il fallait non pas deux (un défenseur et le gardien, par exemple) mais trois joueurs entre la ligne de but et le joueur qui recevait une passe. L'avant-centre devait alors avoir encore de solides qualités de dribble afin de conclure une action. Cette période fut l'âge d'or des « numéros 9 ».

WM

Après la réforme du hors-jeu des années 1920 (2 joueurs pour le hors-jeu, et non plus 3), les données du problème changent, et Herbert Chapman met au point une tactique révolutionnaire, dite en « WM », qui lui permet de collectionner les trophées à Portsmouth puis à Arsenal. L'AS Cannes fut l'un des premiers clubs français à adopter cette tactique dès 1931. Le WM régna en maître absolu jusqu'en 1953 et la fameuse défaite des Anglais à domicile face aux Hongrois. En effet de nombreux entraîneurs ont tenté de trouver une parade au WM, et la solution viendra de Hongrie et du Budapest Honvéd avec Gusztáv Sebes. Ce dernier appliquait une tactique basée sur les permutations pendant le jeu - ce qui ne se faisait pas à l'époque. En effet l'avant-centre reculait en proposant une course d'appui et laissait place à la montée des deux milieux offensifs ce qui entraînait un surnombre par rapport à l'adversaire. Les Hongrois furent les premiers à estimer qu'un joueur pouvait dépasser son rôle. Ces principes novateurs pour l'époque favorisèrent le passage au 4-2-4. Les Brésiliens adoptèrent cette formule du 4-2-4 et la firent évoluer progressivement en 4-3-3 durant les années 1960 ; ce positionnement restera majoritaire jusqu'aux années 1970.

En parallèle de cette histoire des tactiques offensives, il existe également une école défensive. Le « Verrou suisse » mis en place dès les années 1930 est le modèle de tous les bétons (français) et autres Catenaccio (italien) qui prennent le relais après la Seconde Guerre mondiale. En France, les formations qui appliquent quasi religieusement ces stratégies sont Lyon, Strasbourg et surtout Bordeaux, « la forteresse imprenable ».

La montée en puissance de milieux de terrain créatifs à la manière de Cruyff, Platini et autres Maradona exigea une nouvelle adaptation défensive, mais dans ce domaine, tout, ou presque, avait déjà été essayé. De fait, les tacticiens ne trouvèrent jamais vraiment de parade pour maîtriser de tels joueurs.Depuis les années 1980, pourtant, la tendance est nettement à la défensive, et le vieux débat qui opposa longtemps les tenants du jeu ouvert (Nantes ou Monaco, par exemple) à ceux du réalisme défensif (Bordeaux ou Lyon, notamment) est obsolète. Le jeu à la nantaise n'est plus qu'une chimère, tandis que les Girondins de Bordeaux et autres OL ne pratiquent plus le jeu fermé de leurs aïeux. Avec la rapidité des transferts de joueurs, les cultures tactiques sont moins le fait de clubs que d'entraîneurs, dont les plus connus et les plus durables au haut niveau développent des préférences pour tel ou tel schéma. On note en fait un certain nivellement tactique, principalement en raison du développement d'une nouvelle arme terriblement efficace en tactique : les images vidéo.

En Angleterre, la culture tactique n'a jamais vraiment été de mise, et il faudra attendre les années 1960 pour voir les Anglais abandonner définitivement le vieux WM. Aujourd'hui, de nombreux clubs professionnels anglais n'ont toujours pas de séances tactiques au programme de leur préparation d'avant-match… Mais l'arrivée d'entraîneurs étrangers est en train de changer la donne.

L'évolution vers toujours plus de joueurs défensifs semble aujourd'hui avoir atteint ses limites. Les défenses à cinq n'ont jamais eu la cote, et descendre en dessous de trois ou quatre joueurs à vocation offensive (milieux et attaquants), comme dans un grand nombre d'équipes actuelles, semble contre-productif. L'accent est mis sur la polyvalence et le resserrement des lignes, souvent résumés dans l'expression de « bloc-équipe », qui aboutit à une contraction du temps et de l'espace disponibles pour l'adversaire. L'animation défensive se standardise autour de fondamentaux invariables (participation des dix joueurs de champ, replacement, pressing raisonné des attaquants, défense en zone et en ligne). L'animation offensive est le terrain de plus d'expérimentations, de créativité (un, deux ou trois attaquants ? meneurs de jeu excentrés ou un meneur central ?), donnant aux stratèges du football du fil à retordre pour les années à venir.

3-5-2

Cette formation est légèrement plus offensive que le 5-3-2. Au lieu de renforcer la défense par deux joueurs qui viennent soutenir le milieu de terrain, on essaye de créer le surnombre au milieu de terrain avec deux joueurs à vocation plus offensive.

4-4-2

Le 4-4-2 (quatre défenseurs, quatre milieux de terrain, 2 attaquants) est l'un des schémas classiques du football actuel. Il existe sous deux formes ; le 4-4-2 losange ou diamant (à gauche) ou 4-4-2 carré. (à droite). Au niveau de la défense et de l'attaque ces deux formes sont identiques. (Deux arrières centraux, deux arrières latéraux, et deux avants) C'est au milieu de terrain que la différence est notable.

  • Dans le 4-4-2 losange Qui se joue soit avec un milieu défensif, deux milieux latéraux, et un milieu offensif (10).Soit avec trois milieux défensifs : un milieu récupérateur dans une position axiale et deux milieux relayeurs occupant les couloirs juste devant les arrières latéraux. Mais ceux-ci ont un profil beaucoup plus défensif que des milieux latéraux. En effet, ils doivent épauler le récupérateur dans sa tâche défensive, sans quoi il se retrouverait bien seul. Devant ces trois milieux défensifs se tient un meneur de jeu. Il est le métronome de son équipe et doit se montrer particulièrement décisif dans ses passes pour les deux attaquants afin de compenser l'absence de véritables milieux de débordement. Cette formation est appelée en anglais « diamond » (diamant).L'équipe du Milan AC de Carlos Ancelloti l'utilisait.
  • Dans le 4-4-2 carré Le milieu de terrain est composé de deux milieux défensifs : généralement un relayeur et un récupérateur. Il y a également deux milieux offensifs latéraux, un à gauche et un à droite, qui sont chargés de déborder et d'adresser des ballons aux attaquants. Mais attention, ce ne sont pas des ailiers ! Manchester United qui effectua le triplé en 1999 jouait dans cette configuration.

4-3-3

Le 4-3-3 (quatre défenseurs, trois milieux de terrain et trois attaquants) possède une défense qui évolue souvent en ligne comme pour le 4-4-2, mais le milieu de terrain change de fonction. Il est souvent à vocation plus défensive, et doit faire parvenir la balle rapidement à l'attaque. Celle-ci est composée d'un attaquant de pointe et de deux ailiers. Le profil des joueurs la composant est le suivant : une défense classique avec de préférence des latéraux offensifs, trois milieux de terrains (deux relayeurs, et un récupérateur qui fonctionnent comme dans un 4-4-2 losange) avec un important volume de jeu (pour pallier l'absence du quatrième élément), deux ailiers rapides et bons frappeurs et un attaquant de pointe de préférence athlétique et doté d'un bon jeu de tête. C'est cette organisation qui permit à l'Angleterre d'être championne du monde en 1966, et au FC Barcelone de remporter la très prestigieuse Ligue des Champions lors de la saison 2008-2009 ainsi que le Championnat d'Espagne de football et la Coupe du Roi cette année-là. Le 4-3-3 a permis à José Mourinho et Chelsea FC de devenir champions d'Angleterre 2 fois de suite avec 91 et 95 points (record en Premier League).

4-2-4

Cette formation (quatre défenseurs, deux milieux de terrain et quatre attaquants) est assez peu répandue comme formation de base de par la faiblesse de son milieu de terrain. Elle est plus souvent une version du 4-4-2 en phase d'attaque, ou formation utilisée en fin de partie (par remplacement de milieux de terrains par des attaquants) par une équipe qui doit absolument marquer. Une équipe menée au score dans un match de coupe, par exemple.

La plupart du temps, elle se résume à un 4-4-2 offensif, avec deux attaquants prenant en charge les couloirs et épaulant les deux avants-centres.Cette formation fut popularisée à la suite de l'exploit de l'équipe nationale de Hongrie qui choisit ce 4-2-4 pour contrer le fameux WM des Anglais. Ce choix tactique leur permit de faire chuter l'Angleterre pour la première fois de son histoire à Wembley. Aujourd'hui elle est devenue complètement désuète, et a disparu du football professionnel !Cepandant, le Milan AC, par le biais de son nouvel entraineur Leonardo,l'a remis au gout du jour. A noter, tout de même, qu'il s'agit plus d'une formation intermédiaire entre le 4-3-3 à deux récupérateur et le 4-2-4 qu'un pur 4-2-4 à deux pointes centrales et deux ailiers.

4-5-1

Le 4-5-1 (4 défenseurs, 5 milieux, 1 attaquants) un système qui vise à étouffer son adversaire au milieu de terrain. Le milieu est celui d'un 4-4-2 carré auquel on ajoute un milieu offensif axial. (Meneur de Jeu) L'attaque n'est elle plus occupé que par un seul buteur qui sera néanmoins épaulé par trois milieux offensifs. Ce fut la tactique principalement utilisée par Raymond Domenech lors de la coupe du monde 2006.

5-3-2

Cette formation à vocation défensive se base normalement sur trois arrières centraux, dont l'un des joueurs peut prendre le rôle de libéro. Les arrières latéraux supplémentaires viennent soutenir le milieu de terrain. Cette formation est très comparable au 3-5-2 mais elle utilise des latéraux plus défensifs. Au contraire du 3-5-2 elle est en général utilisée par des équipes faibles qui refusent le jeu.

Il existe néanmoins des variantes au sein même de ce système. Si le principe demeure le même (gagner la bataille du milieu et ainsi s'assurer la maîtrise du ballon), il en existe deux principales versions : la version offensive, avec deux milieux défensifs évoluant devant la défense et un trio d'animation en soutien des deux attaquants ; et la version défensive, constituée d'une ligne de quatre récupérateurs devant la défense et d'un seul meneur axial derrière les deux attaquants. Ces formations sont principalement utilisées par des équipes sud-américaines.

5-4-1

Cette formation absolument défensive est généralement développée durant le cours du match par des équipes ayant déjà marqué suffisamment de buts, ou voulant à tout prix éviter la défaite et opérant en contre-attaque. Dans le cas du 5-4-1, on retrouve souvent une défense à quatre avec un libéro. Le milieu est lui disposé comme celui d'un 4-4-2 carré.

Les termes libéro et « poste 6 - poste 10 »

Les termes libéro et « poste 6 - poste 10 » tendent à disparaître dans le football moderne.

Le libéro, dernier joueur de l'équipe avant le gardien de but, est aujourd'hui remplacé par deux défenseurs centraux qui pratiquent une tactique de défense en ligne, hors-jeu ou pressing, c'est-à-dire une défense placée plus haut sur le terrain, un peu plus loin du portier. On trouve quelquefois des libéros dans les niveaux régionaux mais surtout au niveau départemental, où bien souvent le manque de culture tactique requis pour appliquer une défense en ligne oblige l'entraîneur à mettre un libéro pour réduire les mésententes entre les deux défenseurs axiaux.

Le « poste 6 » est occupé par un joueur juste devant le libéro, mais est également archaïque, on le remplace par des milieux défensifs dont le nombre varie selon la tactique adoptée. Il peut y avoir un ou deux milieux défensifs (deux dans le cas de l'équipe de France : Lassana Diarra et Jérémy Toulalan).

Le « poste 10 » est occupé par un autre joueur évoluant dans l'axe juste devant le « poste 6 ». Il est parfois juste derrière les deux avants-centres, au milieu. Il est maintenant remplacé par le terme de milieu offensif et leur nombre varie selon la tactique adoptée (par exemple l'équipe du Brésil (Seleção) joue avec deux milieux offensifs Kakà et Ronaldinho). En fusion de ces deux derniers termes, on parle de joueurs qui épousent deux rôles, à la fois offensif et défensif, que l'on appelle également relayeur-récupérateur. Ce terme a été créé car c'est de cet axe que dépend le relais entre les attaquants et les défenseurs. C'est également le lieu de beaucoup de récupérations de balles.